- Ne jetez rien avant le passage de l'expert, même ce qui a brûlé : photographiez chaque pièce avant de déblayer, ces objets sont votre preuve.
- Déclarez vite, puis confirmez par écrit. Mais ne chiffrez rien tout de suite : une estimation donnée à chaud restera la référence pendant tout le dossier.
- C'est votre contrat qui fixe les règles : ce qui est déduit pour l'âge des biens, le relogement, les limites de prise en charge. Relisez-le dès le début.
- Rien n'est figé tant que vous n'avez pas donné votre accord : vous pouvez vous faire assister à tout moment, et notre premier avis est gratuit.
Les premières heures après un incendie
Quand les pompiers repartent, le logement est souvent inhabitable, noyé sous l'eau des lances et couvert de suie. Trois réflexes comptent plus que tout le reste : sécuriser, conserver, documenter.
Sécurisez. Faites couper l'électricité, le gaz et l'eau. N'entrez pas dans un bâtiment que les secours ou la mairie ont déclaré dangereux. Faites bâcher les ouvertures et garder les accès : ces mesures conservatoires sont souvent prises en charge, et leur absence peut vous être reprochée si les dommages s'aggravent.
Ne jetez rien avant le constat, même ce qui paraît irrécupérable : un meuble calciné ou un appareil fondu est une preuve. Photographiez chaque pièce avant tout déblai, en large puis en détail. Demandez enfin au service d'incendie et de secours le rapport ou l'attestation d'intervention : la demande se fait par écrit.
À réunir dès les premiers jours :
- l'attestation ou le rapport d'intervention des sapeurs-pompiers
- le récépissé de dépôt de plainte si l'origine du feu paraît suspecte
- des photos et des vidéos datées, prises avant tout déblai
- votre contrat complet : conditions générales et conditions particulières
- les factures, garanties, relevés bancaires et historiques d'achat encore accessibles
Déclarer le sinistre incendie sans se piéger
Prévenez l'assureur dès que vous avez connaissance du sinistre, dans le délai fixé par votre contrat. Le code des assurances interdit à ce contrat de prévoir moins de cinq jours ouvrés. Un appel pour aller vite, puis une confirmation écrite, de préférence en recommandé, pour que la date soit prouvable.
À ce stade, ne chiffrez pas. Une estimation donnée à chaud est souvent trop basse et sert ensuite de point d'ancrage. Décrivez les faits : date, circonstances, locaux touchés, et précisez que le montant sera établi après inventaire.
Un point souvent ignoré : les dégâts causés par les secours sont couverts. Le code des assurances assimile aux dommages matériels et directs ceux occasionnés aux biens assurés par les secours et par les mesures de sauvetage. Porte défoncée, cloison ouverte, toiture découverte, eau des lances : cela se chiffre et se réclame.
Trois erreurs coûtent cher après un incendie : jeter les biens détruits avant qu'ils soient constatés, donner un chiffre à chaud, signer un état de pertes incomplet.
Rien ne vous oblige à accepter une évaluation le jour où elle vous est présentée. Vous pouvez demander un délai, faire assister l'expertise par votre propre expert et faire reprendre les postes contestés.
Le premier diagnostic est gratuit et sans engagement. Nos honoraires vous sont présentés et expliqués avant toute signature.
Relogement, gardiennage et frais engagés
Si le logement est inhabitable, beaucoup de contrats prennent en charge un relogement, parfois le garde-meuble, la garde du bâtiment et le transport des biens sauvés. Ces garanties ont une durée et un plafond, écrits noir sur blanc. Vérifiez-les et demandez l'accord de l'assureur par écrit avant d'engager la dépense.
Conservez tout : notes d'hôtel, bail provisoire, factures de bâchage, de gardiennage, de nettoyage, de déménagement, achats de première nécessité. Un frais sans justificatif ne sera pas remboursé.
En copropriété ou en location, une partie des dommages peut relever de l'assurance de l'immeuble ou de celle du bailleur : les circuits se croisent, et c'est là que des postes se perdent. Les conventions passées entre assureurs organisent leurs recours entre eux ; elles ne réduisent pas les garanties de votre propre contrat.
Inventaire du mobilier : prouver ce qui a brûlé
C'est le point le plus douloureux du dossier. Personne ne garde les factures d'une maison entière, et l'assureur demande pourtant la preuve de l'existence, de la valeur et de la propriété de ce qui a disparu. Sans preuve, le mobilier est évalué au forfait, sur une base que vous ne maîtrisez pas.
La méthode consiste à reconstituer un faisceau d'indices, local par local, meuble par meuble, en précisant la marque, le modèle, l'âge et l'état. Ne signez aucun état de pertes tant qu'il n'est pas complet. Un dossier ne se règle pas sur ce qui est juste, mais sur ce qui est démontré.
Ce qui fait preuve quand la facture a brûlé :
- les historiques de commandes en ligne et les relevés bancaires
- les courriels de confirmation, bons de garantie et notices
- les photos et vidéos de famille où l'on voit les pièces du logement
- les attestations de proches et les devis de rachat à l'identique
Valeur à neuf, vétusté et règle proportionnelle
L'assureur calcule d'abord une valeur d'usage : le coût de remise en état, diminué d'un abattement de vétusté lié à l'âge, à l'usage et à l'entretien. Si le contrat comporte une garantie valeur à neuf, une indemnité complémentaire rachète tout ou partie de cette vétusté, dans la limite prévue au contrat.
Cette part complémentaire est presque toujours différée : elle n'est versée que sur justificatifs de reconstruction ou de rachat, et dans le délai fixé par le contrat. Lisez cette clause dès le début du dossier, pas au moment où le délai expire.
Autre mécanisme, plus brutal : la règle proportionnelle de capitaux, prévue par le code des assurances. Si la valeur assurée déclarée est inférieure à la valeur réelle du bien au jour du sinistre, vous êtes considéré comme restant votre propre assureur pour la différence, et vous supportez une part proportionnelle du dommage. Votre bonne foi n'y change rien. Cette règle joue sauf convention contraire : certains contrats l'écartent, et les surfaces, capitaux et valeurs retenus par l'assureur se discutent.
Perte d'exploitation : quand l'incendie touche un professionnel
Pour une entreprise, la destruction des locaux n'est que la moitié du sinistre. L'autre moitié, c'est l'activité arrêtée. La garantie perte d'exploitation indemnise la perte de marge brute, c'est-à-dire le chiffre d'affaires manqué diminué des charges qui disparaissent avec l'arrêt, afin que les charges fixes continuent d'être absorbées.
Elle couvre aussi, en général, les frais supplémentaires engagés en accord avec l'assureur pour limiter les conséquences : locaux ou matériel provisoires, transports exceptionnels, heures supplémentaires. La durée retenue est la période d'indemnisation prévue au contrat : vérifiez-la dès l'ouverture du dossier, car elle commande tout le chiffrage. Celui-ci se fait sur pièces comptables et doit commencer tôt : les premiers mois sont ceux où l'on ne pense pas à mesurer ce que l'on perd.
Expert d'assuré incendie : durée du dossier et expertise contradictoire
Disons-le franchement : un incendie important est un dossier long. Réunions d'expertise sur site, recherche de cause, inventaire, devis d'entreprises, chiffrage du bâtiment, puis discussion poste par poste. Plusieurs mois s'écoulent souvent entre la déclaration et l'accord, davantage si un recours contre un tiers ou une enquête est en cours.
Un levier existe. Le code des assurances prévoit que, si l'expertise n'est pas terminée dans les trois mois suivant la remise de l'état des pertes, vous pouvez faire courir les intérêts par sommation ; si elle ne l'est pas dans les six mois, chacune des parties peut agir en justice.
L'expertise est contradictoire : chaque partie discute les constats et les chiffres de l'autre. Vous pouvez être assisté de votre propre expert dès la première réunion, et à tout moment ensuite. Si le désaccord persiste, beaucoup de contrats prévoient une tierce expertise : un troisième expert désigné d'un commun accord, dont les frais sont le plus souvent partagés, chacun conservant à sa charge les honoraires de son propre expert. Votre contrat fixe la règle. Surveillez enfin la prescription : les actions dérivant du contrat d'assurance se prescrivent par deux ans.
Sur votre dossier, nous ne représentons que vous. Nous reprenons les mesures conservatoires, l'inventaire, le chiffrage du bâtiment et du mobilier, puis la discussion avec l'expert de la compagnie, en vous expliquant chaque ligne. Si votre sinistre ne justifie pas l'intervention d'un expert, nous vous le disons franchement : le diagnostic reste gratuit, et vous repartez avec la marche à suivre.
Si l'expert de la compagnie est déjà passé, nous reprenons la gestion du sinistre en l'état : rapport et détail du chiffrage demandés par écrit, retour sur place quand c'est encore possible, discussion rouverte sur ce qui a été retenu ou oublié. Tant que vous n'avez pas donné votre accord définitif, le montant annoncé n'est qu'une proposition.