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Expert d'assuré IARD

Expert d'assuré vol et cambriolage : prouver et chiffrer

Après un cambriolage, la difficulté n'est pas de chiffrer : c'est de prouver ce que vous possédiez, alors que tout est parti. Le délai de déclaration est plus court que pour les autres sinistres, et les conditions de garantie servent souvent de motif de refus. Voici ce qu'un expert d'assuré regarde, poste par poste, sur un dossier de vol et cambriolage.

L'essentiel
  • Ne nettoyez rien, ne réparez rien avant le passage des forces de l'ordre : photographiez tout, et gardez les pièces cassées (serrure, cylindre, éclats).
  • Portez plainte, puis déclarez à votre assureur sans attendre le récépissé de plainte : en cas de vol, le délai est plus court, et il part de la découverte.
  • Sans facture, tout peut servir de preuve : relevés bancaires, mails de commande, photos où l'objet apparaît, attestations de proches précises et datées.
  • Tant que vous n'avez rien signé, la discussion reste ouverte : demandez par écrit la clause qu'on vous oppose. Premier diagnostic gratuit.

Vol et cambriolage : les premières heures comptent

Un cambriolage est d'abord un choc. Les heures qui suivent comptent pourtant beaucoup, parce que c'est le seul moment où les traces existent encore. En 2025, la police et la gendarmerie ont enregistré 211 600 cambriolages de logements en France, soit 5,6 pour 1 000 logements, en baisse de 3 % sur un an (source : service statistique ministériel de la sécurité intérieure, bilan statistique publié en 2026). Derrière ce chiffre, chaque dossier se joue sur des détails matériels que personne ne pense à conserver.

Si vous devez sécuriser le logement le soir même, faites-le après les constatations, et gardez tout : l'ancien cylindre, la serrure forcée, les éclats de vitrage, le devis et la facture de la fermeture provisoire. Ce sont des pièces, pas des déchets.

Les gestes utiles, dans l'ordre :

  • Ne rien ranger, ne rien nettoyer, ne rien réparer avant les constatations des forces de l'ordre. Une porte remise en état, c'est une preuve d'effraction qui disparaît.
  • Photographier et filmer avant de toucher quoi que ce soit : le point d'entrée, la serrure, le cylindre, le cadre de la porte, les meubles fouillés, les emplacements vides.
  • Déposer plainte. Quand l'auteur est inconnu, la plainte se dépose au commissariat, à la gendarmerie, ou en ligne sur le service de l'État plainte-en-ligne.masecurite.interieur.gouv.fr, avec une identification par FranceConnect. Conservez le récépissé : l'assureur le réclamera.
  • Faire opposition sur les cartes bancaires et les chéquiers, bloquer les téléphones, signaler les papiers d'identité volés.
  • Écrire la liste des biens disparus au fil de l'eau, sur plusieurs jours. La mémoire revient par vagues, et un objet oublié au départ est difficile à réintégrer ensuite.
  • Prévenir le bailleur ou le syndic si une partie commune a été touchée : hall, porte d'immeuble, interphone, cave.

Déclaration à l'assureur : le délai est plus court en cas de vol

C'est le piège le plus fréquent. Un article du code des assurances fixe un délai minimal de déclaration de cinq jours ouvrés pour la plupart des sinistres, mais ce minimum tombe à deux jours ouvrés en cas de vol. Votre contrat ne peut pas descendre en dessous de ce minimum ; il peut prévoir plus long. Le délai exact figure dans vos conditions générales : vérifiez-le avant toute chose.

Le décompte part du moment où vous avez connaissance du sinistre, pas de la date supposée des faits. Si vous découvrez le cambriolage en rentrant de vacances, c'est le jour de la découverte qui compte. Déclarez d'abord, complétez ensuite : une déclaration courte, faite dans les temps, vaut mieux qu'un inventaire parfait envoyé trop tard.

Un retard n'entraîne pas automatiquement la perte de l'indemnité. Le même article précise que la déchéance ne peut être opposée que si l'assureur établit que le retard lui a causé un préjudice, et qu'elle ne joue pas lorsque le retard provient d'un cas fortuit ou de la force majeure. ⚠ Ce n'est pas une raison pour attendre : c'est un argument de défense, pas une méthode.

Autre horloge à connaître : les actions nées du contrat d'assurance se prescrivent par deux ans à compter de l'événement qui y donne naissance. Ce délai comporte des causes d'interruption, et l'assureur doit vous en avoir informé pour pouvoir vous l'opposer. Un dossier qui traîne n'est pas un dossier qui dort.

À retenir → le vol relève d'un délai de déclaration plus court que les autres sinistres : deux jours ouvrés au minimum selon l'article L113-2 du code des assurances, votre contrat pouvant prévoir davantage.

Ne nettoyez pas, ne réparez pas et ne jetez rien avant les constatations. Photographiez tout, déposez plainte, conservez le récépissé, et écrivez la liste des biens disparus sur plusieurs jours.

Garanties, franchises, sous-limites et conditions de protection dépendent du contrat souscrit. Le premier diagnostic KALTE est gratuit et sans engagement, partout en France.

Effraction, protections, inoccupation : les motifs de refus

La garantie vol n'est presque jamais une garantie générale. Elle est subordonnée à des circonstances précisément définies au contrat : effraction caractérisée, escalade (entrée par une façade, un balcon, une fenêtre en hauteur), usage de fausses clés, parfois agression, parfois introduction clandestine. Un vol sans trace visible n'est pas forcément exclu, mais il faut alors lire la clause exacte, mot à mot, plutôt que d'accepter un refus de principe.

Deuxième motif classique : les moyens de protection. Beaucoup de contrats imposent, aux conditions particulières, une serrure d'un type précis, des volets, des barreaux aux fenêtres accessibles, parfois une alarme ou une télésurveillance. La condition n'est pas seulement d'en disposer : ils doivent être en place et en service au moment des faits. Une alarme non enclenchée, un volet resté ouvert, une porte tirée mais non verrouillée : c'est sur ce terrain que se perdent des dossiers.

Troisième motif : la durée d'inoccupation. Certaines clauses réduisent ou suspendent la garantie vol au-delà d'un nombre de nuits ou de jours consécutifs d'absence, et traitent différemment les résidences secondaires. Là encore, tout dépend du contrat souscrit, comme les franchises et les plafonds.

Face à un refus ou à une réduction, la première demande à formuler est toujours la même, et par écrit : quelle clause exactement, dans quel document, signé quand. Les clauses édictant des exclusions ou des déchéances ne valent que si elles figurent en caractères très apparents, et une exclusion doit être formelle et limitée. Une pratique interne n'est pas une clause.

Preuve de propriété : ce qu'un expert d'assuré cherche après un cambriolage

C'est le cœur du sujet. Dans un dégât des eaux, le dommage est sous vos yeux. Dans un vol, il faut démontrer l'existence de ce qui n'est plus là. La preuve d'un sinistre et de son étendue se fait par tout moyen. La facture est la preuve la plus commode, ce n'est pas la seule : son absence ne clôt pas le débat.

Quand vous n'avez rien gardé, on reconstruit. Les historiques de commandes en ligne, les mails de confirmation, les relevés bancaires et les échéanciers de crédit rétablissent des achats oubliés depuis longtemps. Les photos de famille, de fêtes ou de travaux montrent souvent, en arrière-plan, le téléviseur, la montre ou le vélo disparus. Les attestations de proches ont une valeur, à condition d'être précises et datées. Quelques preuves qui se recoupent valent mieux qu'un dossier épais sans lien entre les pièces.

Un dossier de vol se juge sur sa cohérence : cohérence entre la liste déclarée, le mode de vie, la surface du logement, les traces de fouille et le mode opératoire. Un inventaire gonflé fragilise l'ensemble, y compris les postes parfaitement fondés. Nous préférons une liste solide, tenue, documentée, et défendue poste par poste.

Les preuves de propriété qui servent réellement :

  • Factures, tickets de caisse, bons de garantie, notices et emballages conservés
  • Numéros de série, numéro IMEI des téléphones (l'identifiant propre à l'appareil), certificats de bijoutier, attestations de valeur
  • Relevés bancaires, historiques d'achats en ligne, mails de confirmation de commande
  • Photos et vidéos personnelles où l'objet apparaît, y compris anciennes
  • Contrats de crédit ou de location, factures de réparation ou d'entretien
  • Attestations circonstanciées de proches, de voisins, d'un artisan intervenu chez vous
  • Anciennes déclarations de valeur faites à un assureur, contrats précédents, avenants

Plafonds, objets de valeur et vétusté : comment l'indemnité se calcule

Votre contrat comporte un capital mobilier global, c'est-à-dire le maximum garanti pour l'ensemble de vos biens, et à l'intérieur des sous-limites, c'est-à-dire des plafonds particuliers par catégorie. Les objets de valeur, les bijoux, les espèces, parfois le matériel informatique, sont plafonnés séparément. L'indemnisation d'un vol commis dans les dépendances, la cave, le garage ou un local non attenant est fréquemment limitée, voire soumise à des conditions propres. Le matériel professionnel détenu au domicile est souvent hors du champ d'un contrat habitation classique : il relève d'un contrat dédié ou d'une extension.

Pour les bijoux, l'orfèvrerie, les montres, les tableaux, les collections, beaucoup de contrats exigent une déclaration préalable et parfois des conditions de conservation, comme un coffre. Sans déclaration ni justificatif, l'indemnisation peut être ramenée à la sous-limite générale, très en deçà de la réalité. Faites des photos, conservez les certificats, et mettez à jour votre déclaration quand vous acquérez ou héritez d'une pièce importante.

Sur le mobilier et l'électronique, l'indemnité se construit en deux temps : on détermine d'abord la valeur de remplacement, c'est-à-dire le prix, au jour du sinistre, d'un bien neuf de nature et de qualité équivalentes ; on applique ensuite un coefficient de vétusté, qui tient compte de l'âge et de l'usure, pour obtenir la valeur d'usage. Les bijoux et objets de valeur obéissent souvent à des règles propres, définies au contrat : vérifiez ce que prévoit le vôtre.

Beaucoup de contrats prévoient une garantie de rééquipement à neuf ou valeur à neuf : le complément de vétusté est versé, souvent sous condition de remplacement effectif dans un délai contractuel et sur justificatif. Ne renoncez jamais à ce complément par méconnaissance. Les deux points qui se discutent le plus sont là : le taux de vétusté retenu, et l'équivalence du modèle de remplacement. Un appareil « équivalent » n'est pas le premier prix du rayon.

Effraction, vandalisme : les dommages matériels que l'on oublie

Le cambriolage ne se résume pas à ce qui est parti. Il y a aussi ce qui a été cassé pour entrer et pour fouiller : bloc-porte, cadre de porte, gâche, cylindre, serrure multipoints, vitrage, châssis de fenêtre, volet roulant, portail, vitrine, rideau métallique, coffre éventré, alarme arrachée, cloison ou plafond percés. Ces postes sont réels, chiffrables, et régulièrement sous-évalués parce qu'ils sont traités à la va-vite pendant que l'attention se porte sur la liste des biens volés.

S'y ajoutent les frais annexes : fermeture provisoire en urgence, gardiennage, nettoyage, remise en état des peintures et revêtements dégradés, remplacement de l'ensemble des serrures quand les clés ont été emportées, et parfois un dégât des eaux consécutif si une canalisation a été touchée.

Le vandalisme qui accompagne un cambriolage relève souvent d'une garantie distincte de la garantie vol : mobilier détruit, murs dégradés, sanitaires cassés, fluides répandus. Si elle n'est pas mobilisée explicitement dans la déclaration, elle risque de rester hors du chiffrage. Vérifiez sa présence dans vos conditions particulières.

Enfin, selon que vous êtes locataire ou propriétaire, et selon le règlement de copropriété, la porte palière, la porte d'immeuble ou l'interphone forcé ne relèvent pas du même contrat ni du même déclarant. Une déclaration faite au bon endroit évite des mois de renvois.

Ce que fait un expert d'assuré sur un dossier de vol ou de cambriolage

Un dossier ne se règle pas sur ce qui est juste, mais sur ce qui est démontré. Concrètement, nous venons constater sur place, nous relevons et documentons les traces d'effraction avant qu'elles ne disparaissent, nous reconstituons le contenu volé pièce par pièce avec vous, nous recherchons et mettons en forme les preuves de propriété, nous lisons votre contrat en entier — circonstances de garantie, moyens de protection, clauses d'inoccupation, sous-limites, franchises, garantie valeur à neuf — puis nous établissons un chiffrage et nous portons la discussion technique face à l'expert de la compagnie. Sur votre dossier, nous ne représentons que vous.

Si l'expert de la compagnie est déjà passé, il n'est pas trop tard. Nous reprenons la gestion du sinistre en l'état : demande écrite du rapport et du détail du chiffrage, retour sur place quand les constatations sont encore possibles, réouverture de la discussion. Tant qu'il n'y a pas d'accord définitif sur le montant proposé, ce montant n'est qu'une proposition.

J'ai passé sept ans à expertiser pour le compte des compagnies avant de passer du côté des assurés. Je sais comment un dossier de vol est lu de l'autre côté, quelles pièces déclenchent une question et lesquelles closent un débat. Le premier diagnostic est gratuit et sans engagement, partout en France. Nos honoraires vous sont présentés et expliqués avant toute signature. Et si votre sinistre ne justifie pas l'intervention d'un expert, je vous le dis franchement : le diagnostic reste gratuit, et vous repartez avec la marche à suivre.

Questions fréquentes

Quel est le délai pour déclarer un cambriolage à son assurance ?
L'article L113-2 du code des assurances fixe un délai minimal de deux jours ouvrés en cas de vol, contre cinq jours ouvrés pour la plupart des autres sinistres. Le contrat ne peut pas descendre en dessous de ce minimum, mais il peut prévoir plus long : le délai exact figure dans votre contrat. Le décompte court à partir du moment où vous avez connaissance du sinistre, donc du jour de la découverte si vous étiez absent. Déclarez d'abord, même sans inventaire complet, et complétez ensuite.
L'assurance peut-elle refuser d'indemniser un vol sans effraction ?
Elle peut, si votre contrat conditionne la garantie à une effraction caractérisée, à l'escalade ou à l'usage de fausses clés, et qu'aucune de ces circonstances n'est établie. Mais un refus ne se présume pas : demandez par écrit la clause exacte invoquée et le document où elle figure. Une exclusion doit être formelle et limitée, et les clauses d'exclusion ou de déchéance ne valent que si elles sont écrites en caractères très apparents. Beaucoup de refus reposent en réalité sur une constatation incomplète des traces.
Comment prouver ce qui a été volé sans facture ?
La preuve se fait par tout moyen : historiques de commandes en ligne, mails de confirmation, relevés bancaires, contrats de crédit, bons de garantie, notices, emballages conservés, numéros de série, certificats de bijoutier, photos personnelles où l'objet apparaît, attestations précises et datées de proches. L'objectif n'est pas d'accumuler, mais de faire converger plusieurs éléments sur un même bien. Une liste cohérente, documentée poste par poste, se défend beaucoup mieux qu'un inventaire long et invérifiable.
Faut-il porter plainte avant de déclarer le cambriolage à l'assureur ?
Les deux démarches sont distinctes et se mènent en parallèle. Portez plainte au plus vite, au commissariat, à la gendarmerie, ou en ligne sur le service de l'État lorsque l'auteur est inconnu : le récépissé de dépôt de plainte est la première pièce que l'assureur réclame. N'attendez pas de l'avoir en main pour déclarer le sinistre, sous peine de dépasser le délai de déclaration. Déclarez, indiquez que la plainte est déposée, et transmettez le récépissé dès réception.
Pourquoi l'indemnisation proposée après un cambriolage est-elle si basse ?
Trois causes reviennent presque toujours. La vétusté appliquée au mobilier et à l'électronique, qui ramène la valeur de remplacement à une valeur d'usage. Les sous-limites du contrat, notamment sur les bijoux, les objets de valeur, les espèces et le vol en dépendances. Et l'oubli de postes entiers : dommages d'effraction, remplacement des serrures, fermeture provisoire, vandalisme. Une proposition n'est pas un règlement : tant qu'aucun accord définitif n'est signé, la discussion reste ouverte.
Les bijoux sont-ils couverts par l'assurance habitation en cas de vol ?
Ils le sont en général, mais dans une limite spécifique, souvent bien inférieure au capital mobilier global. De nombreux contrats exigent une déclaration préalable au-delà d'un certain niveau de valeur, et parfois des conditions de conservation comme un coffre. Sans déclaration ni justificatif, l'indemnisation risque d'être ramenée à la sous-limite générale. Les bijoux et objets de valeur obéissent souvent à des règles d'indemnisation propres, définies au contrat. Photographiez vos pièces, conservez certificats et expertises, et actualisez votre déclaration.
La porte et la serrure cassées par les cambrioleurs sont-elles prises en charge ?
La plupart des contrats couvrent les dommages matériels causés par l'effraction : bloc-porte, cadre, cylindre, serrure, vitrage, volet, vitrine, ainsi que les frais de fermeture provisoire. Le remplacement de l'ensemble des serrures est également à examiner lorsque les clés ont été emportées. Ces postes sont souvent traités trop vite. Conservez la serrure forcée, les devis et les factures, et n'acceptez pas qu'ils soient réglés en bloc sans détail. Les franchises et les plafonds dépendent de votre contrat.
L'expert de l'assurance est déjà passé, est-il trop tard pour faire appel à un expert d'assuré ?
Non. Tant qu'il n'y a pas d'accord définitif sur le montant proposé, ce montant n'est qu'une proposition. Nous reprenons la gestion du sinistre en l'état : demande écrite du rapport et du détail du chiffrage, retour sur place quand les constatations sont encore possibles, réouverture de la discussion sur les postes contestés. Plus le dossier est repris tôt, plus les traces d'effraction et les éléments matériels restent exploitables. Le premier diagnostic est gratuit et sans engagement.

Pour aller plus loin

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Textes cités : articles L. 113-2, L. 114-1, L. 112-4 et L. 113-1 du code des assurances. Les garanties, franchises et plafonds applicables à votre dossier restent ceux de votre contrat.

Jérémie Verschaere
Fondateur de KALTE — expert d'assuré IARD

Sept ans passés à expertiser pour les compagnies d'assurance avant de passer du côté des assurés. Un dossier ne se règle pas sur ce qui est juste, mais sur ce qui est démontré.

Page mise à jour le 15 août 2026.

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