- La grêle et le vent ne sont pas des catastrophes naturelles : ils relèvent de la garantie tempête-grêle-neige de votre contrat, sans arrêté de l'État.
- Déclarez sans attendre : pour la grêle et le vent, le délai est celui de votre contrat et il court dès que vous découvrez les dégâts, infiltrations comprises.
- Depuis le sol, une toiture grêlée paraît intacte : photographiez avant de bâcher et gardez les tuiles cassées, elles valent mieux qu'un long courrier.
- Faites constater les dégâts sur le toit avant les travaux : ensuite, tout est plus dur à prouver. Notre premier diagnostic est gratuit et sans engagement.
Garantie tempête-grêle-neige ou catastrophe naturelle : deux régimes à ne pas confondre
La garantie tempête, grêle et neige est une garantie de votre contrat. Elle joue sans intervention de l'État : il suffit d'établir que l'événement est à l'origine des dommages. Depuis la loi du 25 juin 1990, un contrat qui garantit les dommages d'incendie d'un bien doit aussi couvrir les effets du vent dû aux tempêtes, ouragans et cyclones (code des assurances). La grêle et le poids de la neige relèvent, eux, d'une extension : elle est courante dans les contrats multirisques habitation, mais la loi ne l'impose pas. Vérifiez-la dans vos conditions particulières.
Le régime des catastrophes naturelles obéit à une autre logique. Il suppose un arrêté interministériel publié au Journal officiel, commune par commune et péril par péril. Il ne couvre que des aléas réputés non assurables : inondation, coulée de boue, submersion marine, séisme, mouvement de terrain, sécheresse et réhydratation des sols, avalanche. La grêle et le vent n'en font pas partie, précisément parce que la garantie tempête-grêle-neige existe. Seuls les vents cycloniques les plus violents suivent un régime particulier.
Ce que cela change après un gros orage :
- Les impacts de grêle sur la toiture, les fenêtres de toit, les panneaux photovoltaïques, les volets et le bardage relèvent de la garantie grêle de votre contrat, sans arrêté.
- Le ruissellement, la coulée de boue ou la crue qui a suivi peuvent relever du régime catastrophe naturelle, si un arrêté est publié pour votre commune et pour ce péril.
- Un même orage ouvre donc parfois deux volets, avec deux franchises et deux délais différents.
- La franchise applicable au titre des catastrophes naturelles est fixée par la réglementation ; celle de la garantie tempête-grêle-neige est, elle, contractuelle. Les deux figurent dans votre contrat.
- Sans arrêté, aucune indemnisation au titre des catastrophes naturelles n'est possible : c'est la commune qui dépose la demande, et le maire dispose de vingt-quatre mois à compter du début de l'événement.
Les délais de déclaration : cinq jours ouvrés, trente jours, et ce que dit votre contrat
Pour la garantie tempête-grêle-neige, le délai est celui de votre contrat. Le code des assurances impose seulement qu'il ne soit pas inférieur à cinq jours ouvrés, et beaucoup de contrats retiennent ce minimum. Le délai court à partir du moment où vous avez connaissance du sinistre, ce qui compte quand les infiltrations n'apparaissent que plusieurs jours après l'épisode.
Pour un dommage relevant du régime catastrophe naturelle, le délai est légal : trente jours à compter de la publication de l'arrêté au Journal officiel. Ce délai a été porté de dix à trente jours par la réforme entrée en vigueur le 1er janvier 2023. Il s'impose même si votre contrat en prévoit un plus court. N'attendez pas l'arrêté pour prévenir votre assureur : rien ne l'interdit, et le dossier est ouvert.
Un retard de déclaration n'entraîne pas automatiquement la perte de la garantie : la déchéance doit être prévue au contrat, écrite en caractères très apparents, et l'assureur doit démontrer que le retard lui a causé un préjudice. Ce n'est pas une raison pour attendre. C'est une raison pour déclarer même si vous vous croyez hors délai.
Avant de bâcher, avant de faire déposer la moindre tuile : photographiez. Vue d'ensemble de chaque versant, puis gros plan avec un objet de référence posé à côté de l'impact. Conservez les éléments déposés.
Un dommage non constaté n'est pas un dommage inexistant. Mais un dossier ne se règle pas sur ce qui est juste, il se règle sur ce qui est démontré.
Pourquoi les dommages de grêle sur une toiture sont si souvent sous-évalués
Vue du sol, une toiture grêlée paraît souvent intacte. C'est tout le problème de ces dossiers. Un grêlon de plusieurs centimètres ne perce pas forcément une tuile : il l'écaille, fissure l'engobe (la couche de finition cuite en surface), casse le talon qui la retient sur le liteau, décale le recouvrement. Le défaut ne se voit qu'à un mètre, sur le versant exposé, et il se traduit parfois par des infiltrations des mois plus tard.
La question de la vétusté s'ajoute à celle du périmètre. L'assureur déduit un abattement correspondant à l'usure de l'ouvrage avant le sinistre. Beaucoup de contrats prévoient en complément une garantie valeur à neuf, qui rembourse tout ou partie de cet abattement, généralement sous condition de réaliser les travaux dans un délai prévu au contrat et sur présentation des factures. Taux, plafond et délai sont des points d'expertise, pas des données figées. Les garanties, franchises et plafonds dépendent du contrat souscrit.
Les postes régulièrement oubliés dans un chiffrage rapide :
- Les tuiles fissurées ou écaillées mais non percées, et celles rendues cassantes qui se briseront sous le pas du couvreur.
- Les faîtages, arêtiers, solins, closoirs et zingueries déplacés ou martelés.
- Les fenêtres de toit : verre feuilleté fêlé, joints marqués, capotages en aluminium bosselés.
- Les panneaux photovoltaïques : micro-fissures de cellules invisibles à l'œil, qui se recherchent par imagerie d'électroluminescence, à la caméra thermique ou par comparaison des courbes de production.
- Les gouttières et descentes, les volets roulants et leurs coulisses, les bardages, les habillages de débord de toit, les portails.
- Les dommages intérieurs consécutifs : plafonds, isolant tassé, revêtements, parquets.
- Les frais annexes prévus au contrat : déblais, bâchage, échafaudage, relogement.
Réparations d'urgence : photographier avant de bâcher
Après la grêle, le réflexe est de bâcher, de faire déposer les tuiles cassées, d'appeler un couvreur. C'est légitime : vous devez limiter l'aggravation des dommages, et un toit ouvert sous la pluie aggrave tout. Le piège, c'est de le faire sans laisser de traces.
Photographiez avant, pendant et après. Une vue d'ensemble de chaque façade et de chaque versant, puis des gros plans avec un objet de référence posé à côté de l'impact : une pièce de monnaie, un mètre déplié. Datez. Conservez les éléments déposés : quelques tuiles cassées mises de côté valent mieux qu'un long courrier. Gardez les factures de bâchage et de mise en sécurité ; ces frais relèvent en principe des mesures conservatoires, dans les limites de votre contrat.
Une réfection définitive engagée avant tout constat ne supprime pas votre droit à indemnité, mais elle vous oblige à démontrer autrement ce qui existait : photographies, devis détaillés, attestation du couvreur, relevé météorologique de l'épisode. Plus un dossier se reconstitue après coup, plus la démonstration est difficile.
Le relevé complet, versant par versant, avant les travaux
Le relevé est l'inventaire des dommages, fait sur la toiture et non depuis la rue : nacelle, échelle de couvreur, drone quand l'accès est impossible. Versant par versant, on compte les impacts sur des surfaces témoins, on note l'orientation et la pente, on repère les éléments fragilisés autant que les éléments cassés.
Ce comptage n'est pas un détail de forme : c'est lui qui nourrit la discussion entre une reprise ponctuelle et une réfection de versant. Au-delà d'une certaine densité d'impacts, une toiture ne se répare pas tuile par tuile. Encore faut-il l'avoir chiffré et démontré avant que la benne parte. S'y ajoute une difficulté fréquente : quand le modèle de tuile n'est plus fabriqué, la reprise partielle devient un raccord visible et discutable.
Le relevé sert enfin à la suite du dossier. Si un désordre apparaît plus tard, un dossier documenté permet de le rattacher à l'épisode. Sans relevé initial, la discussion sur le lien de causalité devient beaucoup plus difficile.
Ce qu'un expert d'assuré fait après un épisode de grêle ou de tempête
Votre assureur a son expert. Vous avez le vôtre. Sur votre dossier, nous ne représentons que vous. Concrètement : lecture de vos garanties, franchises, plafonds et exclusions ; relevé des dommages sur place ; chiffrage poste par poste aux prix du marché local ; présence à la réunion d'expertise face à l'expert de la compagnie ; discussion des taux de vétusté et des conditions de la valeur à neuf ; suivi jusqu'au règlement. Si le désaccord persiste, certains contrats prévoient une tierce expertise : ses modalités et la prise en charge des frais figurent dans votre contrat.
J'ai passé sept ans comme expert en assurance pour le compte des compagnies. Je sais comment un dossier de grêle est instruit de l'autre côté : ce qui est regardé, et ce qui est écarté faute d'avoir été documenté à temps.
KALTE intervient dans toute la France. Nous sommes notamment intervenus en Ardèche après l'épisode de grêle exceptionnel du 15 juillet 2026, avec des grêlons de 6 à 7 cm : Aubenas, Vals-les-Bains, Ucel, Prades, Lalevade, Ailhon, Saint-Privat, Villeneuve-de-Berg, Saint-Alban-Auriolles, Viviers et les communes alentour.
Le premier diagnostic est gratuit et sans engagement. Si votre sinistre ne justifie pas l'intervention d'un expert, je vous le dis franchement, et vous repartez avec la marche à suivre. Nos honoraires vous sont présentés et expliqués avant toute signature.
Si l'expert de la compagnie est déjà passé, nous reprenons la gestion du sinistre en l'état : rapport et détail du chiffrage demandés par écrit, retour sur place quand c'est encore possible, discussion rouverte sur ce qui a été retenu ou oublié. Tant que vous n'avez pas donné votre accord définitif, le montant annoncé n'est qu'une proposition.